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Impression(s) de QLs 2016

Un jour à quartier(s) libre(s), par Benoit

Il est 5h du matin. 

Rien ne bouge dans la carrière de Maizeret. 

2 containers, dont un ne ferme plus 

Et n’a d’ailleurs plus de plancher 

Il est 5h et rien ne bouge. 

Des tentes SNJ Des tables, des tasses, quelques verres, des morceaux de bougie, reliefs d’une soirée qui vient peut-être à peine de se terminer. C’est un peu le bazar dans le petit matin qui se lève. 

Quelques auvents un peu défaits protègent d’une légère rosée matinale. 

Il est 6h et rien ne bouge. Il y a des cadenas sur les containers, mais cela fait longtemps qu’on ne les ferme plus. De même que la guinguette, dont les portes baillent dans cette douce fraicheur matinale. En fait, on ne ferme plus les cadenas même à la grille d’entrée, depuis qu’on a oublié un matin de les enlever, enfermant « dehors » les participants du jour… 

Il est 7h et rien ne bouge. 

Enfin, il est possible que Nour soit aller se baigner dans la zone interdite. Mais personne ne peut le savoir. 

Il est aussi possible que Stéphane soit occupé à faire le café. Ou cueillir quelques plantes. 

Il est aussi possible que Myriam soit déjà réveillée. Ou pas. Ou qu’elle range sa tente. Ou qu’elle se pose dans le petit jour naissant. 

Il est 7h et dans cette gigantesque carrière, un peu de vie émerge. Lentement. 

Il est 8h. Madeline ne socialise pas encore, comme elle dit. Pour moi, c’est une belle façon de dire qu’elle fait une grasse matinée. A moins qu’elle ne fasse du yoga dans sa voiture. Du yoga. Dans sa voiture. Ici, c’est possible. Ces gens sont bizarres. 

8h le café est fait. Que ce soit Stéphane, Nour ou Myriam, quelqu’un a préparé du café. Et un peu d’eau chaude. Les mots sont lents. On chuchote. La journée s’annonce belle. Mais il ne faut pas rompre trop vite cette lente magie d’un jour nouveau… 

8h. C’est l’heure bénie. Un peu d’échange sur les soirées de chacun. Un peu d’échange sur les journées de chacun. Un peu d’accords toltèques. Pas trop. Pas d’accords en final. On va quand même essayer ;-) 

8h30 Comment il s’appelle encore celui-là ? Génial en tout cas, quel parcours de vie. Et il est resté dormir ? Et Grégoire est toujours là ? Il ne devait pas partir ? Si, mais il a l’air de repousser son départ. Tiens ce n’est pas aujourd’hui que Laurent va venir camper. Si, en tout cas, il va essayer. 

9h. Du monde extérieur nous arrivent les premiers participants. Ces nouveaux amis que l’on ne connaissait pas hier ou avant-hier. Chacun s’étonne de ces retrouvailles.

Ah tiens Martin arrive. Il est toujours la ? Oui, il m’a dit qu’il avait encore un peu de forfait dans sa 3G. Il va officiellement co-worker. Pratiquement, prendre le temps de réfléchir. C’est aussi du travail… 

9h. Il fait déjà un peu chaud. Juste un peu. On se retrouve. On se parle. On échange. 

Ceux « du dehors » et ceux « du dedans » se synchronisent. 

D’après Grégoire, cette carrière c’est une île. Isolée et pourtant à 250m de la vie « du dehors ». Mais on pourrait aussi bien être sur la lune, en chine, ou dans une autre dimension. 

D’ailleurs, je me demande quand même si on n’est pas dans une autre dimension. 

Nour vient de remercier son croissant, Stéphane invoque l’attraction universelle pour que la journée se passe bien. Grégoire mange des légumes. Au petit déjeuner. Et moi j’en suis à mon 3eme café et à ma 2ème cigarette. Pas bio les cigarettes. Mais personne ne me dit rien. Ouf ;-)

9h30 Malgré l’envie de poursuivre ces moments de rien, ces moments de bien, il faut sonner la cloche. Puis le gong. Puis dire « dans 5 minutes ». On est aussi la pour travailler. 

Ah Madeline arrive, elle est prête à socialiser. Grégoire transforme une bouteille d’Evian en égoutoir. Martin co-worke. Colin nous au dit au revoir. Il s’en va sur Nice. A pied. 

Tout ça est normal… 

Muriel, Virginie, Pauline, Dorian, Eugène, Valérie, Frédéric, Patricia, Sylvie, Emilie, Anissa (ou Annissia ou Marissia, je ne sais plus). Opaline ou Cornaline, non Coraline. Tant de noms, tant de visages. Tant d’histoires. 

Mettre le groupe en mouvement. Rassembler les énergies Faire crier « mais tout le monde s’en fout » Et travailler. Inspirer. Témoigner. Coller des post-it. Les déplacer. Les secouer. Mettre des idées au frigo. Secouer. Laisser décanter. Break. Pause. Temps mort. Pas si mort que ça. Ca discute. Ca vit. Ca échange. 

Ah Brigitte arrive. Encore un semi remorque d’amour et de bonnes préparations. 

Elle fait la tête si on lui dit merci. 

On lui dit quand même merci. 

Oh pas senti Arriver. Mais Dr Nour est en train de me masser la nuque. Ou d’énergiser mes lombaires. Ou d’harmoniser mes pensées. Sait pas bien ce qu’elle fait. Fermer les yeux. Accepter le cadeau. 

Cloche-Gong-Guinguette-Postit-Canvas-Mvp Ou alors Mpp Ou alors MVGBT Ou alors PMT 

Ils ne retiennent pas. 

Juste qu’ils gardent en tête M comme minimum. 

Le reste on s’en fout. 

M

M comme midi. Enfin comme 13h30 en fait. Me suis pas rendu compte que j’avais parlé si longtemps. 

13h30. 2 tables vides. Qu’est-ce qu’on va manger. 

13h32. Ces mêmes tables sont remplies. Un buffet est soudainement apparu. Avec beaucoup. Trop. Beau. Bon. 

En personne lambda, je mange ce que je connais. Mais il n’y a pas grand chose que je reconnais. J’essaye. C’est bon. C’est frais. 

C’est excellent en fait, mais ne pas le dire trop fort. Garder sa position d’homme lambda. 

Tiens Nour masse maintenant virginie. Laurent parle de camper. Mais ça ne sera pas ce soir. Virginie distille des plantes. Grégoire mange les pelures de son concombre de ce matin. Myriam ouvre un paquet de chips Dorian une boite de thon. Tout cela coexiste, dans une joyeuse célébration au bonheur du partage. 

Ils ont bus ou fumés quoi, tous ces gens ? Ca doit être la tisane de Stéphane et Nour. 

Je savais qu’il fallait que je reste au café. 

Le soleil est rude. Les tables se déplacent pour profiter de l’ombre des auvents. Ca discute joyeusement. Esteban est jaune de sable. De la tête au pied. Les mains pleines de marqueur. De la confiture autour de la bouche. Pied nus. 

En fait, je viens de remarquer qu’il n’a plus ni son pantalon, ni son Thsirt. 

Depuis 2 jours. 

Tout ça est normal. 

Emilie donne le sein à sa petite Elsa, tout juste 3 mois. Juste naturellement, comme le dit Myriam. Simplement. 

Tout cela est normal. 

Grégoire qui limite son empreinte carbone à chaque instant, Esteban 4 ans qui s’autogère, Nour qui remercie son morceau de poulet (tiens elle était pas végétarienne ?), Virginie qui distille encore de nouvelles plantes, Brigitte qui nourrit toute la tribu, Valérie qui veut faire danser des artistes au milieu de troupeaux de chevaux – mais c’est peut être l’inverse. Et c’est peut-être pas valérie mais patricia. Et Sylvie qui veut louer des grands parents. 

Mais j’ai peut-être pas compris. 

La carrière se remplit soudain de sons bizarres. Des cris. Des rires. Isabelle doit donner une nouvelle session de yoga du rire. J’irai peut-être à la prochaine. 

Voiture. Alyne et François. Et Alex et Madeleine. A c’est vrai, ils vont fabriquer aujourd’hui. Un jeu, une étagère, une give box, un bougeoir. La scie sauteuse couvre le bruit des rires qui jaillissent encore du bout de la carrière. La place du village est vivante. Emilie s’occupe de la make-o-thèque, cet espace privilégié pour les enfants. Ce n’est pas une garderie. C’est un lieu d’apprentissage d’un nouveau type. Les enfants y sont bien. Gong-Cloche-Postit. Il est temps de reprendre. Enfin essayer de lutter contre la digestion, la chaleur, la fatigue. Energisons tout ça. 

Gong-Cloche-Postit. Gong. 

17h La place se remplit à nouveau. On se pose. On discute. On partage. On s’égaille. Chloé et Guillaume, arrivés dans la nuit, ont fait une ballade le long de la meuse. On papote. 

Tiens Nour masse Brigitte maintenant. Tout ça est normal. 

Un peu de vaisselle. C’est à dire que si on veut avoir une assiette et des couverts pour manger ce soir, il faudra bien laver toutes celle d’aujourd’hui. Un kot de vieux garçons célibataires doit être plus en ordre que QL(s) Mettre de l’eau à chauffer. Le temps qu’elle chauffe, encore 30 minutes de gagné pour papotter. Il fait chaud. Ce soir peu de monde reste manger et loger. 

Enfin, normalement. Parce que Grégoire n’est finalement pas encore parti, Martin est revenu, Chloé, Guillaume et Colin restent, Thérèse à trouvé une tente, Alyne et François vont tenter de faire griller les saucisses qu’ils ont achetés il y a 3 jours déjà Myriam, qui avait dit qu’elle ne resterait qu’un jour sur 2, a presque oublié qu’elle avait une grande maison et une piscine, et limite au maximum les moments « dans le monde du dehors » 

Bref, on est 18 ce soir. Et rien à manger. 

20h. 2 tables vides. Qu’est ce qu’on va manger ? 

20h02. Ces 2 mêmes tables sont remplies. On va manger des trucs bizarres, ou pas. Chacun choisira en fonction de ses préférences. Ou de ses envies. Il y aura trop. On aura bien mangé. On aura échangé. On aura énergisé ces pauvres courgettes qui ne demandaient rien, grillé des saucisses, comparé le taboulé en boite mais préparé avec amour, et le taboulé juste préparé avec amour. Et grégoire nous aura dit que l’amour n’a pas d’effet sur l’empreinte carbone. 

Le soir tombe. La nuit tombe. Fraicheur. Etoiles. Un feu projette un peu de lumière sur les discussions.

Myriam regarde les étoiles filantes. Martin prend sa guitare. Madeline nous explique ce qui se passe sur sa pointe de bretagne. Grégoire nous parle de sa romandie. Virginie nous parle des énergies magiques de l’univers. Je me refais un café-clope. 

2h du matin. Le calme retombe sur la carrière. Ou bien il était 3h. Demain, promis, je me couche tôt…

Il est 5h du matin. 

Rien ne bouge dans la carrière de Maizeret. 

2 containers, dont un ne ferme plus Et n’a d’ailleurs plus de plancher

Il est 5h et rien ne bouge. Des tentes SNJ Des tables, des tasses, quelques verres, des morceaux de bougie, reliefs d’une soirée qui vient peut-être à peine de se terminer. C’est un peu le bazar dans le petit matin qui se lève. Quelques auvents un peu défaits protègent d’une légère rosée matinale.

C’est une nouvelle et magnifique journée improbable qui débute à Quartier(s) Libre(s)

Benoit, Maizeret, le Samedi 27 août 2016

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